(23 décembre – 14 janvier)
Nous avons atteint la Turquie la veille de Noël. Le 24 au soir, nous avons établi notre campement et allumé notre feu de bois sur les hauteurs de Marmaris. Cuisin’situ était là pour marquer l’évènement…
Nous avons expérimenté nos premiers grands frimas sur le sol turque. Neige, vent du nord en pleine face, verglas, gourdes gelées. En contraste absolu, une incroyable chaleur humaine nous a réconfortés tout au long de notre route.
Mais laissez-nous, en guise d’introduction, vous conter une petite aventure.
Un soir, en rase campagne dans la région d’Izmir, une crevaison à la tombée du jour nous a contraints de nous arrêter camper avant d’atteindre le village.
21h, déjà, des cristaux de glace se sont formés sur la tente. C’est l’heure de rentrer se mettre au chaud et bouquiner.
Quelques minutes plus tard, on entend une voiture qui ralentit puis s’arrête. Des voix. La lumière d’une lampe de poche qui nous éclaire et parcourt les alentours. Bon, on nous a vus. Reste à savoir qui, et quel est le problème. Anthony sort.
Dehors, 4 villageois accompagnés d’un adorable fusil de chasse. Ils sont globalement plutôt sympas et lui posent plein de questions en turc auxquelles il ne comprend rien. Tant bien que mal, il arrive à leur expliquer qu’on est des touristes et qu’on dort juste là, cette nuit. Puis ils regagnent leur voiture. Coup de feu. OK. L’accessoire était donc chargé.
Nous reprenons nos esprits et nos lectures quand, une quinzaine de minutes plus tard, à nouveau une voiture qui s’arrête, des torches qui cherchent, des mots en turc. Rebelotte, Anthony sort.
Cette fois-ci c’est la Jandarmia (ndlr la gendarmerie turque) et l’accessoire de rigueur ici est la mitraillette. Mais heureusement, détail non négligeable, l’un d’entre eux parle anglais. Facile de leur expliquer qui nous sommes, ce que nous faisons, que demain matin nous serons partis et que nous étions là seulement pour visiter les alentours et non sur les lieux d’un arsenal fabriquant des boules de neige pour prendre d’assaut la ville le lendemain matin à l’appel du muezzin.
Transis de froid hors de la tente, ayant juste enfilé une doudoune, on fouille dans les affaires pour leur présenter nos passeports. En fait, leur principale inquiétude était qu’on prenne froid. Je crois qu’ils nous ont surtout pris pour des grands malades et se sont marrés quand on leur a dit qu’on était venus de France sur ces vélos.
6h du matin, appel à la prière. Ca résonne dans toute la vallée. On somnole jusqu’au lever du soleil. Grand vent. Tout vole, le froid est glacial. Ciel de neige.
Une fois le pneu réparé, de retour sur la route, gelés, on s’arrête à proximité de ce qui ressemble à un café où un monsieur nous fait signe à la fenêtre de rentrer. On s’assoit sur les chaises disposées en cercle autour du poêle qui ronfle à plein régime pour réchauffer nos mains aux côté d’autres messieurs qui en faisaient de même. On commande deux thés. Personne ne parle anglais mais tous nous sourient et dans leur conversation on comprend “turist” et “jandarma”. Les nouvelles vont vite dans la région !
Puis c’est alors qu’arrivent 4 gendarmes en uniforme dont bien sûr, quelques uns faisant partie de nos “copains” de la veille ! Et dès lors, on peut communiquer en anglais et on se rend compte que tous ces messieurs qui nous entourent sont tous plus ou moins des gendarmes et que cet endroit qu’on pensait être un café était en fait un QG de la gendarmerie locale ! Le thé, une fois de plus, était bien évidemment offert, ils étaient adorables et nous ont laissé une carte avec leurs coordonnées en cas de besoin. L’un d’entre eux a même adoré le Brompton d’Anthony !
Reprenons donc.
La colère entraine l’envie de vengeance, mais ce que je ne savais pas, c’est que la bonté conduit à l’envie de rendre cet amour. C’est un peu cul-cul la praline, mais c’est véritablement l’enseignement de ce début de voyage. Il s’agit de la même chose que l’enseignent de Sandra « it’s good to be good ». L’humanité s’oppose ici à la nature glaciale.
Il s’agit de ce jeune homme sourd, avec qui nous communiquions (hyper facilement, pour une fois !) avec des gestes. Nous l’avons rencontré dans un bus que nous avions emprunté pour échapper aux pluies torrentielles qui s’abattaient sur le sud-est du pays. Il nous a tout expliqué pour prendre le bus en Turquie et a attendu à nos côté plus de 20 minutes sous la pluie notre correspondance pour être sûr que nous ne la rations pas.
C’est aussi ce patron d’une petite entreprise de poids lourds qui nous a aperçus de loin, terrés dans un arrêt de bus pour nous protéger du vent glacial. Il nous a invités par de grands gestes univoques à le rejoindre pour prendre le thé. Des sourires, un radiateur, du thé chaud, la proposition de nous nourrir et des conseils sur la route à suivre. Nous sommes ressortis 20 min plus tard réchauffés de corps et d’esprit.
Louis, étudiant allemand à Izmir, nous a accueillis les bras ouverts dans sa coloc du bonheur ! Nous y avons célébré 2015 avec un joyeuse bande d’Erasmus des 4 coins d’Europe !
A Izmir, nous avons aussi rencontré Bora, Nese et leur fils Can qui nous ont offert ce qu’aucun hotel cinq étoiles ne peut vous offrir. Le graal du voyageur : La découverte de la cellule familiale turque. Ils nous ont tout offert.
De cette invitation, nous avons appris et vécu tant de choses essentielles ! Histoire, politique, religion, habitudes de conduite nationale, morale, humour, climat… A vélo, Bora et Can nous ont emmenés visiter le Bazar d’Izmir, une espèce de supermarché à l’orientale, vernaculaire. Incroyable. Tellement de charme. Puis se sont enchainés des jus de fruits frais, le marché des pêcheurs, des sandwichs de boyaux d’agneau épicés (Kokoreç), la traversée de la baie en bateau, de séances photos… pour se terminer par un repas incroyable fait des emplettes des l’après-midi avec les amis et les voisins. Bora a aussi pas mal voyagé. Pour les turcophones, son blog c’est par ici.
Enfin, il s’agit de Bircen. On l’a rencontrée au pied de son hôpital à Soma, grâce à Warmshower.org. Elle nous a accueillis par un câlin et avons réussi à communiquer avec les mains et une dizaine de mot anglais et turcs. On la connait depuis 2 minutes qu’elle nous amène à son appart, porte nos affaires, ELLE PORTE NOS AFFAIRES ! (aucune négociation possible). Puis nous a donné les clés, laissé son lit, sorti des serviettes, des draps, et son mari qui est pharmacien (et travaillait de nuit ce soir là) nous a apporté des « pides » (pizzas à la viande turques), du poulet, de la salade, des fruits, des boissons fraîches, avant de repartir au boulot…
Et le matin, Bircan est revenue à 8h, après une nuit de travail aux urgences, pour nous faire un fantastique petit déjeuner : Bureks, olives, tomates, thé, confiture de framboises de sa maman, miel, simits (petits pains turcs circulaires)… Elle nous a emballé de quoi déjeuner dans le train et nous a accompagnés à la gare à vélo. Elle nous a offert un dernier thé. Sur le journal posé sur la table du café, il y avait une photo “je suis Charlie”. Là, elle met la main sur son coeur, penche la tête et nous exprime combien elle est désolée pour nous. Et comme beaucoup de turcs depuis ces évènements, le serveur du café nous explique lui aussi avec les mains, qu’il est très triste, que l’Islam ce n’est pas ça…
Puis, Bircen nous a embrassés comme si on était ses enfants. Elle nous a fait coucou jusqu’après le départ de train, jusqu’au dernier instant.
Et c’est à Istanbul chez nos adorables amis Anne-Lise et Timur que s’est achevé l’incroyable périple de l’hospitalité ! Visite de l’étourdissante Istanbul le jour et joies d’un repas à la française en soirée. Vin rouge, clarinette, musique arménienne et franches rigolades.
Toute cette gentillesse bouscule nos habitudes, notre sens de l’autre. Au début, trop de générosité met mal à l’aise. Nous ne savons plus quoi faire, presque plus où nous mettre. Notre éducation nous a conditionnés à rendre ce que l’on nous donne, voire refuser pour « ne pas déranger ». Puis las de lutter, prenant conscience de la beauté de ce qui s’offre à nous, on ouvre les vannes, on lâche tout. Nos habitudes sont inadaptées à cette situation, nous laissons donc l’équilibre se faire malgré nous. Et alors, nous voyons, nous comprenons, nous apercevons ce cercle vertueux. Nous changeons.
Caroline, Anthony
Marmaris
Matin de Noël – hauteurs de Marmaris
Ravitaillement à la fontaine, atelier filtration
Pêcheurs de père en fils… nous ayant offert le café à Akyaka
Avant la tempête – Oren
Entre deux tempêtes – Entre deux villages
Grand moment de solitude et de fous-rires avec cette dame qui ne comprenait rien à ce qu’on cherchait mais qui voulait à tout prix le trouver !
Entre Akyaka et Bodrum
La tempête se poursuit à Izmir !
Adorables Louis et Walid – Izmir
Bora, Caroline et Can – Izmir
Unique jour de ciel bleu ! – Izmir
Abazar – Ismir
Bazar – Izmir
Bazar – Izmir
Bazar – Izmir
Bazar – Izmir
La pesée, quartier des pêcheurs – Izmir
Tri des crevettes – Izmir
quartier des pêcheurs – Izmir
quartier des pêcheurs – Izmir
Dîner chez Bora – Izmir
Grand marché couvert – Aliaga
Pleurotes au feu de bois – là où il faisait très froid
Froid – là où il faisait très froid
La Jandarma en Brompton !
Pergame
Pergame
Pergame
Pergame
Pergame
Pergame
Pergame
Pergame
Pergame
Pergame
Froid – Entre Pergame et Soma
Un p’tit déj inoubliable chez Bircan ! – Soma
En route pour Istanbul ! – Soma
Bircan était là jusqu’au dernier instant ! – Soma
Istanbul
Pétard mouillé – Istanbul
Istanbul
Istanbul
Istanbul
Tour Galata – Istanbul
Istanbul
Tenues “traditionnelles” – Istanbul
Le marchand de poulet au riz – Istanbul
Lydia et Cuneyt – Istanbul
Cuneyt – Istanbul
Lydia et Cuneyt – Istanbul
Anne-Lise – Istanbul
Tobias – Istanbul
Timur – Istanbul
Timur – Istanbul
Anne-Lise – Istanbul
Istanbul
Istanbul
Istanbul
Istanbul
Istanbul
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